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TÉLÉVISION ET PRISON Intervention de Camille Dauvin |
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L’enquête « actions cinéma / audiovisuel en milieu pénitentiaire » a été réalisée en 2006 par le CNC. Cette enquête s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le CNC, la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) et la Délégation au Développement et aux affaires internationales (DDAI). Ce partenariat s’est concrétisé par la signature d’une convention en 2003 entre la DAP et le CNC qui autorise notamment la diffusion d’œuvres documentaires du catalogue « Images de la Culture » sur le canal interne des établissements pénitentiaires. Par la suite, a été proposée au CNC une journée de formation à la programmation sur le canal interne organisé par la FFCB. Ce partenariat a également donné lieu en 2004 à la publication d’un fascicule intitulé La 5e Saison qui présente une sélection d’œuvres documentaires sélectionnées par des personnes détenues dans le cadre de l’atelier d’Anne Toussaint « En quête d’autres regards » à la prison de la Santé. Cette enquête a été adressée en 2006 aux opérateurs culturels qui avaient été préalablement identifiés par la DAP comme ayant une activité cinéma/audiovisuel en milieu fermé. Elle montre donc les actions qui sont mises en place par des opérateurs culturels et non l’ensemble des actions mises en place en milieu pénitentiaire, certaines pouvant être organisées directement par le personnel pénitentiaire. Nous avons recensé 61 opérateurs culturels et avons eu 80% de retour. Concernant les résultats, les actions les plus souvent proposées aux personnes détenues sont les projections (collectives ou sur le canal interne), suivies des ateliers de pratique artistique. L’intervention porte ici uniquement sur ces deux types de pratiques. Pour ce qui est des genres des films projetés en projection collective, les courts-métrages arrivent en tête, suivis par les comédies (long métrage de fiction). On remarque également une présence importante de documentaires, notamment les documentaires de société qui ont été cités par près de la moitié des répondants. On retrouve sensiblement le même schéma pour les projections sur le canal interne, avec une présence encore plus forte du documentaire. En ce qui concerne les thèmes abordés par ces films, la plupart des répondants estiment pouvoir aborder tous les thèmes avec les détenus. A l’inverse un quart d’entre eux estime qu’il faut éviter des thèmes comme la violence, la sexualité ou des sujets qui les renvoient à leur situation d’enfermement. Si on s’attache à la provenance de ces films, on constate que les opérateurs culturels utilisent les voies légales pour se procurer les films ; ceci est important à souligner car nous avons obtenu des résultats très différents sur l’enquête similaire que nous avons fait dans les hôpitaux. Beaucoup s’adressent en effet directement aux ayants droit. Cela montre peut être une défaillance des catalogues ou un coût trop élevé des locations ou achats des supports par ce moyen. Au niveau des supports, les DVD sont privilégiés mais une quinzaine de répondants nous ont affirmé projeter également ou exclusivement en 35 mm, ce qui implique que l’établissement soit équipé en projecteur 35mm. Ces projections s’inscrivent généralement dans une démarche d’éducation à l’image et sont majoritairement suivies de débats, animés le plus fréquemment par un réalisateur ou un professionnel du cinéma. Concernant les ateliers, ils comportent la plupart du temps une partie tournage. L’écriture de scénario et le montage sont souvent associés au tournage. Ils rassemblent généralement de petits groupes de personnes détenues, souvent moins de sept ou huit. Plus des trois quart des ateliers font, de plus, intervenir des professionnels du cinéma, en majorité des réalisateurs. Les films réalisés sont en majorité de très courte durée : la moitié des 40 films cités font moins de 10 minutes. Les films réalisés dans ce cadre sont diffusés exclusivement en interne ; uniquement aux participants de l’atelier, lors de projections collectives ou par le biais du canal interne. On constate quand même de nombreuses projections en festivals. Pour conclure, nous tirons un bilan plutôt positif de cette enquête en observant que les actions sont relativement répandues, sous des formes diverses et de qualité puisqu’elles font intervenir des professionnels du cinéma et donnent l’occasion au public détenu de découvrir des œuvres très diversifiées. Les répondants ont également souligné de nombreux « bénéfices » à ces actions :
Toutefois il subsiste des limites à ces actions :
Cette enquête est disponible dans son intégralité sur le site du CNC : www.cnc.fr Pour obtenir un exemplaire papier de cette enquête, veuillez contacter Camille Dauvin par téléphone au 01 44 34 13 38 ou par mail à l’adresse : camille.dauvin@cnc.fr |
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