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5e Rencontres nationales Passeurs d’Images
LA PLACE DE L'IMAGE EN MILIEU PÉNITENCIAIRE
Cité européenne des Récollets, 19 décembre 2007

TÉLÉVISION ET PRISON

Ateliers de programmation en prison : Comment concevoir une programmation avec des personnes détenues ? Pour un canal interne ? Pour un atelier ?

Intervention de Marc Le Piouff
Chargé de mission culture / justice Nord-Pas de Calais à l'association Hors Cadre.

Introduction :

Anne Toussaint


Débat :

Marie-José Mondzain, Anne Toussaint, Marie-Pierre Duhamel-Muller


Marie-José Mondzain


Débat :

Jacques Boëls, Marie-Pierre Duhamel-Muller, Colombe Babinet, Caroline Caccavale, Anne Toussaint


Camille Dauvin


Antoine Poezevara


Jean-Marc Génuite


Marcelle Thil,
Regina de Almeida


Marc Le Piouff


Caroline Caccavale


Débat :

Jacques Boëls, Caroline Caccavale, Anne Toussaint, Jean-Marc Génuite


Kamel Regaya

En tant que chargé de mission au développement culturel dans l’administration pénitentiaire, mon rôle est de jouer l’interface entre les personnels pénitentiaires et les acteurs du monde culturel. J’interviens sur douze établissements pénitentiaires de la région Nord-Pas de Calais. Comme cela est évoqué souvent, pour monter un projet image, il est possible de partir de peu, avec par exemple l’existence d’une bibliothèque. Mais il faut surtout des Conseillers d’insertion et de probation (CIP) très motivés. Certains établissements ont déjà des activités culturelles. Dans ce cas, mon rôle est plutôt d’accompagner pour les faire perdurer. Les réflexions et problématiques évoquées sont très profondes car elles sont nourries du temps et des contraintes, mais aussi des échecs.

L’association Hors Cadre a décliné les activités vers le milieu pénitentiaire dès 1995 avec des projections cinéma en 35mm au centre de détention de Loos. Dans les ateliers de programmation, souvent autour d’une thématique, le professionnel de l’image propose un certain nombre de films qui sont visionnés au cours de plusieurs séances, discutés, analysés. Un choix est ensuite fait sur un film qui va être proposé à l’ensemble des détenus avec l’organisation d’un débat et souvent la venue du réalisateur. Les premiers ateliers dans ce sens ont été développés avec la PJJ en 1997, les jeunes avaient choisi La Promesse des Frères Dardenne, France, 1995. Les premiers ateliers en détention se sont faits en 1998.
À partir de 2005, le projet s’est densifié puisque nous sommes passés à un atelier à l’année au centre de détention de Loos, c’est-à-dire quatre sessions de cinq ou six ateliers de programmation. Ces ateliers touchent un petit nombre de personnes détenues, mais le plus grand nombre est touché par la projection. En 2006, le projet s’est mieux structuré avec la création du dispositif « Saison d’images en prison ». Il représente aujourd’hui huit sessions sur trois établissements pénitentiaires. Nous avons commencé en 35mm, puis pour des raisons de coût, nous sommes passés à la vidéo. Aujourd’hui, la maison d’arrêt de Loos s’est équipée avec un écran et du matériel de projection.
Lors de tous les débats, nous avons parler de l’égalité, de la confiscation du temps, de regard, de pensée, d’échanges dans le rapport que nous avons avec les artistes. Cela revient très souvent, mais pas toujours exprimé de la même façon parce qu’il y a peu d’ateliers sur la durée. C’est la raison pour laquelle il est important de construire des dispositifs car cela permet de donner le temps aux artistes de se poser, de connaître, de comprendre, de faire évoluer leur projet, mais aussi de donner aux conseillers d’insertion et de probation le temps d’intégrer ces logiques-là.
Le constat que je fais est que ces démarches sont à l’œuvre. Les artistes qui démarrent prennent tout cela de plein fouet. Il me semble même plus intéressant qu’ils viennent peu imprimés de cette démarche pour finalement aller à l’essentiel, la rencontre, car la situation qui se crée est rarement celle que l’on avait prévue.

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©KYRNÉA International - Passeurs d'images - mai 2008 - www.passeursdimages.fr